Lorsque l'on goûte un peu à la spiritualité, notamment celle venue d'orient, on se retrouve très souvent confronté à la question du végétarisme.
Le problème de savoir si l'on doit manger ou
non de la viande (sans parler des dérivés : oeufs, laitage ...) est complexe et
multi-facette.
Différentes raisons peuvent pousser un individu à ne plus consommer de viande :
- la santé
- le respect des animaux
- l'écologie
- pour des convictions religieuses
- parce qu'un 'gourou' me l'a dit
- le coût
Pour ma part, c'est un mélange de tout ça qui me pousse à ne plus consommer de viande. Lorsque l'on se documente, on se rend compte de certaines aberrations en ce qui concerne la consommation de viande, surtout en occident. La consommation outrancière d'animaux depuis la deuxième moitié du 20ème siècle est insensée.
Une étude reprend l'évolution de la consommation de viande entre 1960 et 2001 : lire ici.
En ce qui concerne la santé, je n'ai qu'un avis subjectif sur la question. Le bon sens m'indique que, comme toute chose, l'excès est néfaste. Je pense que la viande n'est pas mauvaise en soi, mais c'est plutôt la manière dont elle est consommée qui pose problème (hamburgers frits dans l'huile, plats en sauce, pâtés, charcuterie ...), et cela quotidiennement. Puisque qu'il est possible d'un point de vue diététique de s'en passer, autant ne plus en consommer.
On a vu ces dernières années beaucoup de films/documentaires sur la façon dont la viande arrivait dans nos assiettes. Très franchement ça peut suffire à rendre végétarien le plus acharné des carnivores. Je ne suis pas vraiment adepte du côté "les gentils petits animaux, ils ne faut pas qu'ils souffrent", qui est un peu simpliste à mon goût, mais c'est vrai qu'il faut avoir conscience de ce qu'est un abattoir. Je pense qu'il ne faut pas oublier d'où vient notre nourriture lorsque l'on choisit de manger de la viande. Beaucoup de nos repas sont préparés à l'avance, bien présentés, bien emballés, et le consommateur n'as plus conscience de l'origine des produits.
En ce qui concerne l'écologie, la consommation de viande à un très fort impact. Cet article nous explique qu'il faut 15 tonnes d’eau pour produire 1 kg de viande de bœuf contre 1 tonne d’eau pour 1 tonne de céréales, 10 à 15 kg de végétaux (soja, céréales…) pour 1 kg de viande. A l'heure où le manque d'eau commence à poindre le bout de son nez, où le climat devient de plus en plus instable notamment à cause des gaz à effet de serre, il semble judicieux de ralentir son consommation animale.
Voir les très bons sites de la FAO pour des statistiques détaillées : http://faostat.fao.org/ et http://www.fao.org/nr/water/aquastat/dbase/index.stm
Vient enfin les notions spirituelles. "Ne fait pas autres ce que tu ne veux
pas que l'on te fasse" ou encore le "Tu ne tueras point" du décalogue montrent
que la violence est contraire à la voie spirituelle.
Les notions d'amour et de compassion communes à beaucoup de spiritualité ne
sont pas compatible avec la souffrance et la tuerie d'un animal. Comment semer
la paix et l'amour si je dois tuer pour me nourrir ?
Toutes ces réflexions m'ont mené petit à petit vers l'idée que le végétarisme était un bon choix de vie.
Reste maintenant le problème de la mise en pratique. Le plus compliqué pour
moi, comme je l'avais déjà évoqué, est le côté anti-social d'une telle
pratique. Etre végétarien en soi n'est pas anti-social, mais il l'est de fait
car la société (française en tout cas) est complètement orienté vers un système
carnivore. Il est relativement facile de cuisiner chez soi de bons plats sans
viande, de les faire apprécier autour de soi. Mais il est beaucoup plus
compliqué d'appliquer ces principes en société.
Encore la semaine dernière, je me suis retrouvé dans un restaurant de poisson
pour un déjeuner professionnel. Que faire dans ces cas là ? Ne pas manger ?
Expliquer à tout le monde qu'il faut changer de restaurant (sachant qu'il n'y a
pratiquement pas de restaurant veg en france) ? C'est
assez compliqué.
A l'époque où je mangeais de la viande, j'avais un collègue végétarien. Très
honnêtement je le trouvais un peu fatiguant avec ses principes. Il mangeait
rarement avec l'équipe, quand il le faisait c'était compliqué, et ses
convictions l'isolaient.
Pour ma part, et n'étant pas du tout un extrémiste,
dans aucun domaine, j'ai choisi un végétarisme
"raisonné". Concrètement je ne me cuisine jamais de viande, je n'en
achète jamais, si j'ai le choix au restaurant je prends un plat sans viande.
Mais si je suis invité chez des gens et qu'ils nous servent un couscous au
mouton, et bien soit, je vais commencer à trier la graine de semoule non plus
!
Pour conclure, je dirais que le végétarisme possède plein de bon côté (écologie, santé ...), et un tel régime me convient bien, d'autant que j'aime cuisiner (l'un ne vas pas sans l'autre). Mais comme tout, les pratiques extrémistes me laissent toujours un peu perplexe. Ma compagne, qui continue à manger de la viande, possède un autre point de vue. Par exemple, elle considère que l'homme est un animal, et qu'en conséquence, chasser et manger d'autres animaux est complètement naturel. C'est un point de vue respectable. Tout est question de parcimonie, de dosage et d'équilibre.


